The Bad Batch, Ana Lily Amirpour (2016)

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Kidnappée par des cannibales dans le désert, Arlen y laisse la jambe et le bras droits. Elle réussit toutefois à s’échapper et s’installe non loin à Comfort, une ville sur laquelle règne Dream (Keanu Reeves), le roi de la teuf – un sorte de mix entre Pablo Escobar (pour la moustache), David Guetta pour la musique et le colonel Khadafi pour le harem à Uzis.

Il y a des films, arrivés à la fin, vous ne savez pas trop ce que vous avez vu. The Bad Batch fait clairement partie du lot. C’est du post-apo, enfin ça y ressemble, mais en version arty et décalé. Ça ne raconte rien, ou du moins pas grand chose. Malgré les scènes d’horreur, les pique-niques cannibales et la profusion d’armes à feu, le film est longuet, tout en faux-rythme, plein de trouvailles visuelles géniales, mais qui ne suffisent pas à maintenir l’intérêt. Les acteurs jouent « à côté », mais ça semble volontaire.

Tout est bizarre, étrange et oscille entre le raté, le foireux, le décalé fulgurant et le « ah ouais, quand même ».

Bizarrement, je suis assez admiratif de l’ambition qui se cache derrière tout ça, mais je me suis vraiment ennuyé.

Ana Lily Armirpour a un sens de l’humour très étrange. Elle a un sens esthétique absolument renversant, mais sa narration est à la ramasse, lancinante au point de devenir douloureuse. Va falloir qu’elle pense sérieusement à changer de drogue. Un shot d’adrénaline en intracardiaque ?

 

A girl walks home alone at night

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Le premier western iranien vampirique…

Étonnant film d’Ana Lily Amirpour tourné en Californie. On y suit un jeune homme, son père junkie, une prostituée, un dealer, un chat obèse, un enfant curieux et… cette fille (Sheila Vand) qui rentre chez elle, à Bad City, toute seule.

Le rythme est un peu lancinant, mais il participe à la réussite du projet. Amirpour a le sens du cadrage, de la mise en scène, mais son N&B atteint un peu ses limites dans certaines scènes nocturnes. Impossible de ne pas penser au Rumble fish de Coppola et aux romans (non vampiriques) de S.E. Hinton.

Epuré, porté par l’interprétation de Sheila Vand qui évoque Charlotte Gainsbourg jeune, A girl walks home alone at night est – dans le style bizarrerie vampirique – une chouette surprise, même s’il n’atteint pas la terrible efficacité du Morse de Tomas Alfredson.

Le chat joue très bien.