
La couverture définitive de Juste un peu de cendres, le premier comics d’Aurélien Police, dont j’ai signé le scénario et les dialogues.
Ecrivain & scénariste

La couverture définitive de Juste un peu de cendres, le premier comics d’Aurélien Police, dont j’ai signé le scénario et les dialogues.

Le tome 2 de la traduction tchèque de La Voie du sabre version Mathieu Mariolle (au scénario) et Federico Ferniani (au dessin). Chez Zanir (pour une raison que j’ignore, ils ont gardé la marque Glénat en première de couv’).

Durant l’été 2015, pour mon plaisir, j’ai écrit un scénario de BD autour du personnage historique de Macbeth (Mac Bethad mac Findlaích). Je suis parti de l’histoire et j’ai injecté du Shakespeare, du Kurosawa (et une pointe d’Excalibur – John Boorman/Rospo Pallenberg) dedans. Au début, c’était plus ou moins un galop d’essai (destiné à préparer un projet pour Glénat nettement plus ambitieux, au moins cent-cinquante planches, qui verra sans doute le jour dans quelques années), mais je me suis vite pris au jeu et j’ai découvert, en revoyant Le Château de l’araignée de Kurosawa, que mon sujet n’était pas tant Macbeth que son épouse : Gruoch d’Ecosse ; le peu d’importance que Kurosawa donne à Dame Washizu Asaji a paradoxalement avivé mon envie de donner beaucoup d’espace graphique à cette femme qui, chez Shakespeare, déclame :
Tout ce que nous savons ou presque sur le Macbeth historique prête à questions. Les sources sont postérieures, douteuses (anglo-saxonnes, donc), imprécises, parfois contradictoires. Michel Duchein ne lui consacre que deux pages (contenant beaucoup de conjectures) dans sa monumentale Histoire de l’Écosse.
Voilà les faits qui semblent à peu près incontestables :
Macbeth est l’époux de Gruoch (veuve d’un premier mariage avec Gille Coimgáin Mac Maíl Brigte).
Macbeth était mormaer (comte) de Moray quand il accède au trône en 1040, succédant au jeune roi Duncan (25 ans, déjà trois enfants), réputé incapable. Les conditions réelles de cette succession sont floues, même si tout porte à croire que Macbeth a fait assassiner Duncan, comme il avait fait auparavant assassiner le mari de Gruoch.
Macbeth défait Crinan (abé Laïc de Dunkeld et père de Duncan) en 1045.
Macbeth fait un pèlerinage à Rome en 1050
Macbeth engage deux chevaliers normands en 1052 (fait remarquable pour l’époque).
Macbeth est attaqué par Mal Coim (fils de Duncan, petit-fils de Crinan) en 1057. Il meurt à la bataille de Lumphanan.
Lulach (fils naturel de Gruoch et fils adoptif de Macbeth) règne de l’été 1057 au printemps 1058 (neuf mois), il est assassiné sur ordre de Duncan (encore une fois dans des circonstances floues : ou bataille rangée ou traquenard).
Mal Coim lui succède immédiatement. Il régnera trente-six ans.
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Juste avant l’été, Benoit Cousin de Glénat m’a téléphoné pour m’apprendre la (très) bonne nouvelle : mon Macbeth, roi d’Ecosse s’était trouvé un dessinateur et mieux encore celui auquel Benoit et moi avions rêvé sans trop y croire. Une offre à aussitôt suivi pour deux albums de cinquante-quatre (plutôt cinquante-deux, d’ailleurs) planches.
Et donc me voilà en Ecosse pour donner une dimension plus graphique à mon scénario. J’avais prévu de faire des photos, mais il pleut tellement depuis mon arrivée (un temps très macbéthien, comme il se doit) que pour le moment je n’ai pas de photos. Hier, alors que je faisais une randonnée dans les Trossachs, au plus chaud de la journée, il a fait 17°.
Aujourd’hui, j’ai visité Dunkeld (Dùn Chailleann), première étape de mon Macbeth’s tour. C’est à Dunkeld que se trouvait l’abbaye de Crinan (abbé laïc), le père de Duncan ; de l’autre côté du fleuve Tay, se trouve Birnam et son dernier chêne vieux de 500 ans (voir photo – fauchée sur internet).
Les sorcières ont promis à Macbeth qu’il sera invincible jusqu’à ce que la forêt de Birnam marche jusqu’à Dunsinane ; avant de l’attaquer, Mal Coím fait couper les branches des arbes de Birnam pour cacher son armée…
Alors une forêt marche et annonce la chute de Macbeth.

Wika og de sorte feer, la version danoise de Wika et les fées noires. Chez Cobolt, comme pour la traduction suédoise.

Deux exemplaires de l’édition suédoise du T2 de Wika, chez Cobolt, avec des bonus qui n’existent pas dans l’édition française.

Par contre, je continue, mois après mois, à me demander par quel procédé alchimique forcément contre-nature la « soft apocalypse » de ma note d’intention (opposée aux « hard apocalypse » à la Mad Max/The Road) est devenue un « urban thriller ».

Un petit article sur la yozone, alors que la parution de Juste un peu de cendres se rapproche de plus en plus…
La très belle illustration c’est pour 24 vue du Mont Fuji par Hokusai de Roger Zelazny, à paraître le 31 août.

Etats-Unis, années 30, c’est la grande dépression, le centre du pays étouffe sous les tempêtes de poussière du Dust Bowl. Dans une petite ville durement touchée par l’époque, un cirque arrive, siphonne l’eau du réservoir et attise les braises de la colère populaire.
Avec Dark Museum, les scénaristes Gihef et Alcante revisitent la genèse du célèbre tableau de Grant Wood American Gothic – une des oeuvres américaines les plus détournées, de Desperates housewifes aux Simpson en passant par le Rocky Horror Picture Show. Au final, avec cette réinvention on navigue bien plus du côté de Massacre à la tronçonneuse que de chez Steinbeck (avec une pointe de Santa Sangre, la foire des ténèbres version Alexandro Jodorowsky). Aux pinceaux, Stéphane Perger fait des merveilles, ses images sont puissantes, expressives. Son découpage est souvent impressionnant.
L’ensemble est saisissant, glauque à souhait, outré… mais le dessin surclasse bien trop le scénario pour faire de cette bande-dessinée un chef d’oeuvre.

Au Japon, des scientifiques inconscients font joujou avec la soupe primordiale et crée involontairement un monstre gigantesque qui commence à ravager le pays. Rusty l’enfant robot est envoyé régler le problème, sans succès ; alors le Japon (mort de honte) demande l’aide des USA… C’est alors au tour de Big Guy d’intervenir.
Servie par le dessin génial de Geoff Darrow, Big Guy and Rusty the boy robot est une pochade, une histoire simple pleine d’ironie et d’anti-japanisme primaire (et/ou ironique). Le scénario de Frank Miller et Geoff Darow est d’une imbécillité assumée avec des textes complètement cons, des jeux sur Akira, Godzilla, Astroboy et j’en passe. Et même un gag à base d’Hiroshima/Nagasaki pas du meilleur goût, loin de là.
L’objet concocté par Glénat, bourré de bonus, est vraiment très chouette, mais il ne parvient pas à masquer le manque flagrant d’intérêt (scénaristique) de ce comics (qui toutefois m’a permis de découvrir l’art de Geoff Darrow – un autre psychopathe du détail).