L’Arc, Kim Ki-duk (2005)


Sur son bateau, un vieil homme armé d’un arc traditionnel (on ne saura jamais son nom) fait venir des hommes pour pêcher à la ligne.
Tous sont fascinés par la jeune fille de 16 ans qui ne parle pas et vit avec lui.
Ils la croient muette ; elle ne l’est pas.
On dit qu’il peut prédire l’avenir et si c’était elle ?
Tous sont choqués car le vieil homme va épouser l’adolescente quand elle aura dix-sept ans.
Un jeune étudiant s’en mêle, d’abord en offrant un walkman à la jeune fille, puis en voulant connaître son histoire. Évidemment en se rapprochant trop de la propriété du vieil homme, il va provoquer un drame.

Kim Ki-duk c’est toujours pile ou face avec moi. Là j’avoue que j’ai été impressionné par la beauté plastique du film, les émotions contradictoires qu’il provoque. Les jugements moraux qu’il appelle (un homme peut-il posséder une femme comme si c’était un objet ? Évidemment, non. Mais est-ce si simple que cela dans certaines cultures ?). C’est clairement un film qui met mal à l’aise. C’est surtout un conte, on retrouve d’ailleurs des motifs emblématiques des contes populaires avant qu’ils ne fussent assagis par Disney.

Cruel, pervers, violent, épuré, magnifique. Et très perturbant.

Missouri Breaks, Arthur Penn (1976)


Excédé par ses pertes, un propriétaire terrien, David Braxton, fait pendre un jeune voleur de chevaux appartenant à la bande de Tom Logan (Jack Nicholson). Ce dernier décide de se venger et achète un ranch tout près du domaine Braxton. Pour mettre fin à l’engrenage de cette vengeance, Braxton engage un régulateur : Lee Clayton (Marlon Brando). Pendant ce temps, la jeune Jane Braxton se rapproche (tout proche) de Tom Logan.

Missouri Breaks c’est le film que je croyais avoir vu, mais qu’en fait je confondais avec un autre. Et donc je l’ai découvert ces jours-ci et je n’ai pas été déçu du voyage (pour tout dire, je l’ai vu deux fois en deux jours, je me lasse pas de la scène des « chauve-souris »).
Ceux qui se souviennent bien de Little Big Man du même Arthur Penn ne seront pas surpris par le mélange de drame et de comédie. C’est même loufoque, par moments, enfin loufoque je ne sais pas si c’est le bon adjectif. Décalé ? Marlon Brando est en roue libre totale, un peu comme s’il s’était réveillé un jour et avait décidé qu’il était indien et que sa peau blanche et ses cheveux blancs étaient un camouflage. Puis qu’il était une vieille femme obèse, genre La petite maison dans la prairie après trois tartes aux myrtilles. Il y a une ou deux scènes d’anthologie. Notamment celle où Jane aimerait bien se faire prendre sauvagement par un homme qui sent la sueur et le cheval (ou l’inverse) et se heurte à un Jack Nicholson assez moyennement motivé, il faut bien le dire.
Le film est très impressionnant dans sa mise en scène : Arthur Penn osant des ellipses assez incroyables (il y en a une, tellement audacieuse, je m’en remets pas, en même temps je suis très sensible dans mon genre). Toute une partie de l’action est hors-champ, voire retirée du récit.

Je ne sais si on peut parler de western crépusculaire, mais en 1976 le genre était quasiment mort et enterré. Arthur Penn en fait autre chose. Franchement, rien que pour la prestation de Marlon Brando, vous pouvez y aller. Vous n’oublierez jamais la parabole des chauve-souris.

Bacurau, Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles (2019)


Bacurau, village isolé de la savane Brésilienne, futur proche.

Alors que l’eau potable est devenue un véritable enjeu, que les élections locales approchent, des funérailles sont organisées dans le village de Bacurau. Carmelita, 94 ans, vient de mourir. Et certaines personnes sont revenues au village pour la cérémonie. Peu de temps après, d’étranges événements ont lieu à Bacurau et dans ses alentours : le réseau internet est coupé. Le village disparaît de google maps. Le camion d’eau potable est criblé de balles. Un couple en motos se ballade dans le coin. Un ovni est aperçu dans le ciel. Puis une famille de cinq personnes est massacrée dans une ferme. Première étape d’un déferlement de violence.

Quelqu’un menace Bacurau. Qui ? Pourquoi ?

[3615 my life] C’est l’autrice anglaise Stark Holborn qui m’a conseillé ce film, dont très honnêtement je n’avais jamais entendu parler, malgré son prix à Cannes. [/3615 my life]

Bon, je ne savais pas à quoi m’attendre et ça a été la gifle monumentale. Franchement ce film est incroyable, hallucinant, c’est à la fois un film « à la Kusturica » mais au Brésil (je me comprends, c’est l’essentiel) et un film de genre qui assume totalement son hommage à John Carpenter (comme le prouve la musique, lors d’une des scènes). On pense surtout à Assaut. Sexe, violence, crâne explosé filmé en gros plan, décapitations… le moins qu’on puisse dire c’est que les dix premières minutes du film, presque documentaires, ne préparent pas à ce qui va suivre. Le spectacle dure 2h10, mais personnellement j’en aurais bien pris une heure de plus.

Stark m’a dit : « c’est comme si dans les Sept samouraïs les villageois prenaient les armes au lieu d’engager des samouraïs. »

Comment cet OVNI sexy&ultraviolent (et parfois de très mauvais goût, soyons clairs) a pu avoir un prix à Cannes ? Franchement c’est la vraie question.

Arrêtez tout, jetez vous dessus !

Bandolero !, Andrew V. McLaglen (1968)


Dee Bishop (Dean Martin) et sa bande braquent la banque de Val Verde. L’affaire tourne vinaigre et un riche propriétaire terrien est abattu devant les yeux de son épouse (Raquel Welch). Le shériff intervient, au fusil de chasse, et les bandits sont emprisonnés. Le jour de leur pendaison, surprise !, ils sont libérés par leur énigmatique bourreau (James Stewart). Tout le monde s’enfuit au Mexique, non sans kidnapper en chemin la belle Maria Stoner. Aussitôt, le shériff de Val Verde, amoureux depuis toujours de la jeune veuve, se lance à leur poursuite, accompagné de dix hommes. L’affrontement aura lieu sur le territoire des terribles Bandoleros.

Quand j’étais gamin, j’adorais les westerns et les grands films d’aventure américains. J’avais mes acteurs préférés : sans doute dans l’ordre, Steve McQueen, le roi du cool (pour La Grande évasion), Robert Mitchum (pour La Rivière sans retour), Richard Widmark (pour Alamo), Kirk Douglas (pour Les Vikings), Sidney Poitier (pour Dans la chaleur de la nuit) et il y avait cet acteur dont j’étais infoutu de me souvenir du nom, mais que j’aimais beaucoup. « C’est James Stewart », me disait ma mère, quand un film avec James Stewart passait à la télé. J’aimais beaucoup James Stewart (L’Homme de la plaine) et un jour, ce fut le drame, mes parents m’interdirent de voir Bandolero !, j’étais tout gamin, c’était un western et je ne comprenais pas bien ce que Bandolero ! pouvait contenir de suffisamment scandaleux pour provoquer un interdit parental. Donc ce fut interdit et je dus attendre longtemps pour voir Bandolero !

Je ne sais pas si c’est un bon film, Dean Martin est à côté de son rôle, il a été meilleur notamment dans le mythique Rio Bravo. Digression : mon père adorait John Wayne, on ne ratait jamais un John Wayne à la télé, y compris Alamo qui m’avait à moitié traumatisé la première fois (il m’était alors totalement impossible de penser que John Wayne pouvait mourir à l’écran). Mais revenons à Bandolero !, c’est un western qui, à un ou deux détails près, aurait presque pu être tourné par Sam Peckinpah (qui n’aurait probablement pas proposé le rôle de Dee Bishop à Dean Martin). On y voit l’influence de Sergio Leone, l’influence d’Ennio Morricone sur la musique de Jerry Goldsmith. Les protagonistes principaux sont des bandits. Le « méchant » qui est tout sauf un méchant homme est un shériff, mais aussi un amoureux éconduit. Raquel Welch en 1968 était la plus belle femme du Monde, en tout cas au sud et au nord du Rio Grande. Et la fin ! Mon Dieu, mais quelle fin !

Il faut peut-être le regarder avec une légère indulgence, se dire que tout ça n’est pas forcément très sérieux, mais bon la promenade au Mexique est envoutante et le film a d’étranges accents de slasher avant l’heure.

Malgré tous ses défauts, j’aime beaucoup Bandolero !

Serena, Susanne Bier (2014)


États-Unis, années 30, juste après la crise de 29.

George Pemberton (Bradley Cooper), qui a eu la bonne idée d’engrosser sa cuisinière, possède une exploitation forestière dans les Smoky Mountains de Caroline du nord, montagnes qu’il est bien décidé à « raser ». Il possède aussi des terres au Brésil pour lesquelles il s’est endetté. Durant un déplacement professionnel – il faut savoir calmer les banques – il rencontre Serena (Jennifer Lawrence), une jeune femme qui a grandi dans une immense exploitation forestière du Colorado et a tout perdu dans un incendie. Sans même la connaître, il la demande en mariage et elle accepte. Arrivée dans l’exploitation forestière de George, Serena reprend tout en main et fait venir un aigle pour se débarrasser des crotales qui tuent ou blessent les bûcherons.
Un projet de parc naturel va mettre le feu aux poudres.

Échec commercial cinglant (30 millions de budget, 5 millions de recettes mondiales – aouch) Serena déçoit. On ne cesse d’imaginer un autre film. Dirigé par Martin Scorsese (n’est-on pas près de son Killers of the flower moon ?) ou Paul Thomas Anderson (There Will be blood). Le couple de stars est un peu trop propre. Jennifer Lawrence joue Serena, mais n’est pas Serena. On imagine Jessica Chastain à la place. Ou (mieux ?) Andrea Riseborough. Le choix de l’excellent Rhys Ifans dans le rôle du trappeur est lui aussi étrange, il est un poil trop distingué / guindé. Tobie Jones en Sheriff, ça aussi c’est étrange, même si pas totalement dénué d’intérêt (après, je ne vois pas quel genre d’Américains des années 30 éliraient Tobie Jones comme Shériff). A aucun moment, Susanne Bier n’arrive à amener Serena, cette Lady Macbeth des Smoky Mountains, à son point d’incandescence. Tout le contraire de ce que Martin Scorsese avait réussi avec Lily Gladstone dans Killers of the flower moon bouleversante dans la dernière demi-heure du film.
Le plus décevant, c’est sans doute l’incapacité de la réalisatrice danoise (il ne faut pas l’oublier) à mettre en scène la nature, pourtant au centre du film (et de ses enjeux). Elle ne sait pas la valoriser, opposer sa sauvagerie à celle des hommes (et d’une femme).

On ne passe pas vraiment un mauvais moment, disons que c’est « tenu » de bout en bout, mais tout ça est trop sage, trop lisse, à l’image des deux stars (Cooper et Lawrence) qui font plus démonstration de leur statut que de leur talent.

Quelqu’un comme Jacques Audiard (The Sisters brothers) ou Alejandro González Iñárritu (The Revenant) aurait tout explosé avec un scénario de ce genre.

(Le roman de Ron Rash se trouve facilement d’occasion à un prix raisonnable.)

La Corde raide, Richard Tuggle (1984)

Wes Block (Clint Eastwood) est policier à la Nouvelle Orléans. Il enquête sur une série de viols suivis de meurtres. Le jour, Wes Block est un bon père de famille qui s’occupe de ses deux filles (dont l’une est incarnée par la fille de l’acteur, Allison Eastwood) et récupère tous les chiens errants du quartier. La nuit, Wes se perd dans le quartier rouge de la Nouvelle Orléans où il explore les coins les plus sombres de sa sexualité (domination, soumission, et peut-être même bisexualité, comme c’est suggéré dans la scène du bar gay). Au fur et à mesure que son enquête avance, les soupçons se concentrent un peu plus sur lui, d’autant qu’il a eu une liaison éphémère avec une des jeunes victimes.

Clint Eastwood, acteur, a toujours aimé les rôles ambigus, chez Don Siegel (L’Inspecteur Harry, Les Proies), dans ses propres réalisations (L’Homme des hautes-plaines, Impitoyable). Cette ambiguïté a souvent tourné autour des notions de violence légitime. Dans La Corde raide (tourné un an à peine après Le Retour de l’inspecteur Harry où il était aussi question de viols), il explore la sexualité déviante d’un père de famille, flirtant sans cesse avec les questions « qu’est-ce qui est légal ? » « qu’est-ce qui est moral ? ». Le film est très fort. Y compris dans l’idylle qui se dessine entre Wes (flic macho, par essence) et la défenseuse des droits des femmes Beryl Thibodeaux (Genevieve Bujold, magnifique). Comment ces deux-là peuvent-ils se rapprocher ? Peut-être parce que Wes, malgré ses apparences de flic insubmersible, est un homme perdu, ou du moins fragile qui, paradoxalement, a besoin de tendresse (il en est ouvertement question, au cours d’un dialogue). Peut-être parce que Beryl aime trop les hommes pour ne pas savoir comment se protéger de leurs plus sombres pulsions.

41 ans après sa sortie, La Corde raide reste un excellent polar, bien moite, presque perturbant. Évidemment, la Nouvelle Orléans n’a pas été choisie au hasard.

The Ghost Writer, Roman Polanski (2010)


L’ancien premier ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan) a écrit ses mémoires avec l’aide d’un de ses fidèles collaborateurs. Mais voilà que l’homme est retrouvé mort sur une plage et qu’il doit être remplacé de toute urgence. La maison d’édition qui a acheté à prix d’or les mémoires d’Adam Lang fait appel à un nègre (Ewan McGregor, parfait). En villégiature sur une île des USA, Adam Lang se trouve mis en examen par la cours pénale internationale pour des faits de crimes de guerre (pour rappel, les USA ne reconnaissent pas la CPI). C’est dans cette ambiance que le nègre commence son travail et fait la connaissance de Ruth (Olivia Williams, impressionnante), la femme d’Adam. Alors que l’ancien premier ministre a l’air d’un parfait idiot dont on ne comprend pas bien comment il a pu accéder à autant de responsabilités, Ruth semble au contraire une femme remarquable, d’une intelligence aussi aiguisée qu’un scalpel.

Chaque fois que je vois ce film, je suis impressionné, et je l’ai vu plusieurs fois dans ma vie. C’est un des rares films (à ma connaissance), avec Misery, à bien parler d’écriture… qu’est-ce qu’écrire ? A quoi ça sert ? Au-delà de cette problématique, qui m’intéresse pour des raisons évidentes, Roman Polanski dresse un portrait au vitriol du passage de Tony Blair au 10 Downing Street. La partie écriture est intéressante, la partie politique est passionnante. Roman Polanski sait mieux que quiconque installer une atmosphère angoissante (le film nous rappelle indirectement que Polanski réalisa Rosemary’s Baby en 1968). Passée la première heure du film, The Ghost Writer verse dans le thriller de haut-vol et ne faiblit jamais, malgré ses deux heures bien tassées.

Je conseille.

Earthdivers : « A mort, Christophe Colomb », Stephen Graham Jones (scénario) | David Gianfelice (dessin) | Joana Lafuente (couleurs)


[Résumé éditeur :]

Et si la seule solution pour stopper l’apocalypse était de retourner dans le passé pour tuer Christophe Colomb ? 

Nous sommes en 2112, et c’est l’apocalypse exactement comme prévu : les rivières reculent, les océans montent, la civilisation s’effondre.
L’humanité a perdu tout espoir, à l’exception d’un groupe de survivants indigènes exclus qui ont découvert un portail de voyage dans le temps dans une grotte au milieu du désert et réalisé où le monde a pris un tournant brutal vers le pire : l’Amérique.
Convaincus que la seule façon de sauver le monde est de réécrire son passé, ils renvoient l’un des leurs en aller simple sans retour possible en 1492 pour tuer Christophe Colomb avant qu’il n’atteigne le soi-disant Nouveau Monde. Mais se débarrasser d’une icône n’est pas chose facile, et les actes du voyageur pourraient s’avérer dévastateurs pour ses amis à l’avenir.

[/Résumé éditeur]

J’étais plutôt enthousiaste à l’idée de lire ce comics Black River : les Indiens d’Amérique, la catastrophe climatique, 2112 (année symbolique). Franchement les ingrédients m’attiraient, sans parler de Stephen Graham Jones au scénario, que je ne connais pas personnellement, mais dont j’ai lu plusieurs ouvrages en VO, dans le cadre de mon travail d’éditeur chez Albin Michel.

Sans être une catastrophe industrielle, Earthdivers m’a déçu. Pour faire simple, je trouve que rien ne fonctionne. La partie en 1492 est d’un manque de crédibilité insurmontable. La partie en 2112 est pataude dans son écriture et peine à passionner le lecteur (elle fait remplissage, alors qu’elle contient peut être l’idée la plus révoltante, la plus forte, de l’ensemble). Et quand le scénario part en sucette, on est vraiment dans la sortie de route incontrôlée, toutes les ratiches plantées dans un mur en béton armé.

Croire que tuer Christophe Colomb pourrait empêcher le génocide des Indiens d’Amérique est un peu naïf, pour ne pas dire ridicule. Déjà le point de départ est « faible ».

Trop proche de son sujet, l’injustice du génocide des Amérindiens, Stephen Graham Jones offre une œuvre sincère mais maladroite, bancale, qui avance à cloche-pied jusqu’à sa conclusion insatisfaisante, pour le moins.

Je m’épargnerai le tome 2. Non sans regret.

Dead Zone, David Cronenberg (1983)


Johnny Smith (monsieur tout le monde, donc) professeur de littérature a un malaise en faisant des montagnes russes avec sa petite-amie. Quand elle lui propose de passer la nuit ensemble, il refuse, préférant « attendre » et reprend la route sous une pluie battante. Un terrible accident de voiture le plonge alors dans le coma. Quand il se réveille cinq ans plus tard, il a tout perdu : son travail, sa petite amie – mariée, père d’un petit garçon. Mais Johnny a gagné un don : celui de voir des éléments traumatiques, passés, présents, futurs… en touchant la main de la personne impliquée.

Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas revu et ce film reste absolument formidable. Admirable, même. Le scénario (beaucoup de choses ont été retranchées du roman de Stephen King) tient plus que la route. Les personnages sont très incarnés. Et que dire de la prestation de Christopher Walken, qui décroche là un de ses meilleurs rôles.

Alors que Trump retourne à la Maison Blanche (ça y est, c’est fait au moment où j’écris ces lignes), le film devient encore plus angoissant. Les similitudes sont nombreuses et le candidat à la présidence Greg Stillson (interprété par un Martin Sheen halluciné) rappelle beaucoup Xavier Milei et d’autres populistes du même tonneau.

Angoissant, mais tellement bien. C’est le moment parfait pour le revoir.

(Âmes sensibles s’abstenir, il y a une scène qui reste, même quarante ans après, vraiment choquante. Le film existe en plusieurs montages, plus ou moins censurés. La version intégrale est de loin la plus forte, n’en déplaise aux censeurs.)

PS : Une édition Blu ray restaurée ne serait pas du luxe.