Une de mes chansons préférées ever, une performance de folie.
Auteur : Thomas Day
Placebo / Frank Black | Where is my mind
Franchement… je m’en lasse pas.
Nick Cave (et Colin Greenwood) à la Philarmonie de Paris

Hier j’étais au concert de Nick Cave, au piano, et Colin Greenwood à la basse.
Au second rang, à cinq mètres du musicien australien.
C’était incroyable.
J’ai pas de mots. Je suis tellement content d’avoir assisté à The Mercy Seat (une de mes chansons préférées) en live.
Un grand souvenir.
Merci Nick, de tout mon coeur.
Asaf Avidan
De temps en temps je fais une découverte musicale, alors que j’ai tendance à rester sur mes classiques (Pink Floyd, David Bowie, The Clash, Iron Maiden, Bob Dylan…), cette année c’est Asaf Avidan, découvert par hasard à la radio avec The Reckoning song (one day).
J’ai été frappé par sa voix incroyable.
Puis par sa personnalité (le live à l’Acropole est éclairant à ce sujet).
Résultat : je vais le voir en concert le 30 octobre à Lyon, juste à la veille de mon déplacement pour les Utopiales.
Hana-Bi, Takeshi Kitano (1997)

Après une fusillade durant laquelle un de ses jeunes collègues a trouvé la mort, Nishi (Takeshi Kitano) a quitté la police. Il doit une forte somme d’argent à des yakusas et sa femme vit ses derniers jours. A sa façon, il va essayer de remettre de l’ordre dans sa vie et de transmettre quelque chose aux gens qui comptent à ses yeux.
Cela fait des années que je n’avais pas revu ce film. C’est du pur Kitano, une sorte de compagnon de Sonatine (tourné quatre ans plus tôt et que, maintenant, je dois revoir absolument). Le réalisateur-acteur arrive à faire de la poésie avec une femme mourante, un policier cloué dans un fauteuil roulant, des yakusas de troizième zone, une casse automobile et même une balle de base-ball. La mise en scène est remarquable, notamment dans ses ellipses et ses flash-backs ; tout s’éclaire peu à peu. Quant au jeu de Kitano, c’est une espèce de leçon de modération : il dit trente mots dans le film, reste impassible la plupart du temps, juste perclus de tics, comme on le sait.
Film infiniment triste, mais toujours lumineux, Hana-Bi explore en profondeur le thème de la mort volontaire au Japon. Je surinterpréte sans doute, mais j’ai eu l’impression que Kitano voulait faire sa Ballade de Narayama, immense classique du cinéma japonais.
(La qualité d’image de mon vieux DVD laisse à désirer, je me demande ce que vaut le blu-ray. Hop, commandé !)
La Lame diabolique, Kenji Misumi (1965)

Hanpei est né dans des conditions aussi tragiques qu’étranges. Personne ne sait qui a engrossé sa mère et celle-ci ne quittait jamais son chien et inversement. Donc Hanpei est devenu fort logiquement « le fils du chien ». Ce qui n’est pas très flatteur, même pour un bâtard. Mais en grandissant le jeune homme se révèle capable de courir aussi vite qu’un cheval au galop, ce qui renforce sa position sociale, mais aussi les ragots qui courent à son endroit. Devenu adulte, se découvrant un talent de jardinier, en sus de celui pour la course, Hanpei ne tarde pas à devenir un vassal jalousé. Alors qu’il va chercher de la terre pour les jardins, il observe un rônin à l’entrainement. Jamais il n’a vu sabreur aussi talentueux et il décide d’apprendre à être aussi précis, aussi rapide. Après un an d’observations méticuleuses (le rônin refuse tout autre forme d’enseignement), Hanpei a appris tout ce qu’il pouvait apprendre sur le sabre. C’est alors qu’un policier lui demande de tuer un espion pour assurer sa position auprès du seigneur.
Tuer change un homme à jamais.
Comme dans Tuer, Kenji Misumi raconte l’histoire d’un garçon engendré et né dans des conditions tragiques qui devient un homme marqué par le poids du destin. Ce film se trouve dans le coffret Blu-Ray édité par The Jokers, avec Zatoichi, Tuer et Le Sabre. Ce dernier étant le seul film « contemporain » du coffret et de loin celui que j’ai le moins aimé.
Seul bémol, les expressions « vulgaires » choisies pour les sous-titres sont souvent trop modernes pour un film de sabre. Ça pique un peu.
Le coffret est plus que recommandable, Zatoichi étant sans doute le plus marquant des autre films. La première fois où la masseur aveugle dégaine son sabre est, comme l’a très bien expliqué Takashi Miike, tout simplement une des plus grandes scènes de l’histoire du cinéma.
The Fisher King, Terry Gilliam (1991)

Jack Lucas (Jeff Bridges) est un animateur de radio vedette qui n’hésite pas à malmener les auditeurs qu’il prend en direct à l’antenne. Un soir, alors qu’il discute avec Edwin, un habitué, il l’exhorte d’une certaine façon à se venger des yuppies, de ces new-yorkais qui ont du succès, quand ce pauvre Edwin, incel comme il se doit, n’en a aucun. Edwin le prend au mot : se rend dans un bar branché et tue plusieurs personnes au fusil à pompe avant de se suicider.
Trois ans plus tard, Jack est au fond du trou, il fait semblant de travailler dans le vidéo-club de sa compagne (belle italienne au look eighties un tantinet pute sur les bords – le pantalon imprimé léopard, ça tue). Jack se noie dans le Jack Daniels et arrive à la conclusion qu’il a tout raté, à commencer par sa vie.
Alors qu’il va se jeter dans le fleuve, un parpaing au mollet, Jack est agressé par deux tueurs de clochards. Avant d’être sauvé de justesse par un chevalier moderne, Parry (Robin Williams), un clodo qui parle aux fées, tutoie Dieu, et sait que le Graal se trouve à New-York.
De tous les films réalisés par Terry Gilliam, mon préféré n’est certainement pas Brazil, comme on pourrait s’y attendre, mais The Fisher king, souvent présenté comme une romance de fantasy (une romantasy !?!) et c’est vrai qu’il y a une romance inoubliable entre Robin Williams et Amanda Plummer, mais c’est surtout une sorte de film définitif sur la rédemption. Tragique, comique, abordant des thèmes très sombres comme la dépression, la folie, la psychose, le célibat involontaire, la faute professionnelle. Le casting est incroyable :Jeff Bridges dans un de ses meilleurs rôles (tour à tour, odieux, admirable, minable, plein d’empathie, hautain à vomir), Robin Williams qui livre une prestation extraordinaire (cet acteur était vraiment génial), Amanda Plummer touchante en femme maladroite et solitaire (l’employée qui lisait des romans d’amour), Mercedes Ruelh épatante en patronne de vidéo-club vulgaire et en même temps d’une immense bonté intérieure.
Quel beau film ! Quel grand film !
The Proposition, John Hillcoat (2005)

Australie. XIXe siècle.
Après une fusillade digne du far West, le capitaine Stanley (Ray Winstone, dans ce qui doit être son meilleur rôle) capture deux des trois frère Burns : Charlie (Guy Pearce) et Mikey. L’officier fait une proposition à Charlie : » je te donne un fusil, tu retrouves ton frère Arthur (Danny Huston) et tu le tues. Tu as neuf jours. Dans le cas contraire, je fais pendre ton jeune frère Mikey, pour Noël. Je vais civiliser ce pays. «
Arthur est impliqué dans un massacre épouvantable, une femme enceinte a été violée avant d’être assassinée ainsi que le reste de sa famille. On dit qu’il est devenu un chien et qu’il vit quelque part dans l’arrière-pays, dans une caverne. On dit que c’est le Diable incarné.
Ce western australien quasi métaphysique, scénarisé par Nick Cave, est plus qu’une réussite, c’est un chef d’œuvre. La bande-son de Nick Cave et Warren Ellis est incroyable. Comme dans Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia de Sam Peckinpah, on passe de moment calmes quasi contemplatifs à des flambées de violence d’une brutalité rarement vue au cinéma. Tous les acteurs sont extraordinaires, même les seconds rôles : John Hurt, Emily Watson, David Gulpilil.
J’ai revu ce film car j’ai acheté le magnifique coffret proposé par l’éditeur BFI. Pas de langue française, pas de sous-titres français, mais les sous-titres anglais pour sourds et malentendants sont très bien faits.
Late Nite with the Devil, Cameron & Colin Cairnes, 2023

Le présentateur vedette Jack Delroy est l’éternel second des fins de soirées, toujours détrôné par l’indétrônable The Night Show de Johnny Carson. Alors qu’il vient de perdre sa femme, emportée par un cancer des poumons foudroyant, Jack s’enfonce dans les profondeurs fauchées de l’audimat et finit par prendre une pause d’un an. Quand il revient, regonflé à bloc, c’est pour mettre sur les rails l’émission qui le rendra célèbre à jamais, une spéciale Halloween 1977, avec un pathétique télépathe de salle des fêtes provinciale, Christou, un hypnotiseur devenu débunker professionnel, Carmichael Haig, une docteure en parapsychologie et sa jeune patiente possédée par un démon mineur au service d’Abraxas.
Évidemment, rien ne va se passer comme prévu.
Voilà un petit film d’horreur (le budget est inconnu, en tout cas je ne l’ai trouvé mentionné nul part) avec des acteurs inconnus qui m’a plus qu’agréablement surpris. Au début, avec la prestation embarrassante de « Christou », on se dit que « mouais bof, c’est un peu pourling votre truc », puis, le show part en sucette et toutes les questions éthiques et autres sont soulevées, souvent par des moyens détournés. Quant aux cinq dernière minutes, c’est une folie maîtrisée, complètement réjouissante. En grand connaisseur du genre, Cameron & Colin Cairnes multiplient les allusions aux classiques comme Amityville, Scanners, L’Exorciste.
Vraiment très chouette ; je me suis amusé comme un fou ; je vais suivre ces réalisateurs de près.
(Film visionné en blu-ray zone B, langue anglaise, sous-titres français.)
The Goddamned tome 1, Jason Aaron (scénario) & R.M Guéra (dessins)

Depuis 1600 ans, Caïn, fils d’Adam et Eve, inventeur du meurtre, parcourt la terre.
Il cherche à mourir, lui qui a été maudit par Dieu pour avoir répandu la violence sur le monde en tuant son frère. Aucun homme, aucune bête ne vient à bout de son existence. Il s’est jeté dans un volcan et a été recraché brûlé et couvert de croutes. Puis comme d’habitude, il a fini par guérir.
Alors que le monde n’est plus que désolation, boue et merde, sa route va lui faire croiser celle d’une femme désespérée qui recherche son fils Lodo.
Putain, la claque !
Cette réécriture punk et complètement décomplexée de l’Ancien Testament envoie du bois et pas pour rire. Aaron (Scalped) ne respecte rien, il mélange les humains et les dinosaures, l’âge du fer et l’âge de pierre. Les dialogues sont anachroniques, on les verrait plus dans un Mad Max philippin filmé pour 800 pétrodollars que dans une BD qui parle de Dieu, Caïn, les Néphilims et j’en passe.
Le dessin lui aussi envoie du bois et s’il fait immanquablement penser à Druillet dans sa période « le diable est dans tous les détails », on pense aussi à Richard Corben. Un cocktail Druillet, Corben, je meurs.
Putain, la claque !
Heureusement que mon don de clairvoyance m’a poussé à acheter les deux tomes ensemble.