La Lame diabolique, Kenji Misumi (1965)


Hanpei est né dans des conditions aussi tragiques qu’étranges. Personne ne sait qui a engrossé sa mère et celle-ci ne quittait jamais son chien et inversement. Donc Hanpei est devenu fort logiquement « le fils du chien ». Ce qui n’est pas très flatteur, même pour un bâtard. Mais en grandissant le jeune homme se révèle capable de courir aussi vite qu’un cheval au galop, ce qui renforce sa position sociale, mais aussi les ragots qui courent à son endroit. Devenu adulte, se découvrant un talent de jardinier, en sus de celui pour la course, Hanpei ne tarde pas à devenir un vassal jalousé. Alors qu’il va chercher de la terre pour les jardins, il observe un rônin à l’entrainement. Jamais il n’a vu sabreur aussi talentueux et il décide d’apprendre à être aussi précis, aussi rapide. Après un an d’observations méticuleuses (le rônin refuse tout autre forme d’enseignement), Hanpei a appris tout ce qu’il pouvait apprendre sur le sabre. C’est alors qu’un policier lui demande de tuer un espion pour assurer sa position auprès du seigneur.
Tuer change un homme à jamais.

Comme dans Tuer, Kenji Misumi raconte l’histoire d’un garçon engendré et né dans des conditions tragiques qui devient un homme marqué par le poids du destin. Ce film se trouve dans le coffret Blu-Ray édité par The Jokers, avec Zatoichi, Tuer et Le Sabre. Ce dernier étant le seul film « contemporain » du coffret et de loin celui que j’ai le moins aimé.
Seul bémol, les expressions « vulgaires » choisies pour les sous-titres sont souvent trop modernes pour un film de sabre. Ça pique un peu.

Le coffret est plus que recommandable, Zatoichi étant sans doute le plus marquant des autre films. La première fois où la masseur aveugle dégaine son sabre est, comme l’a très bien expliqué Takashi Miike, tout simplement une des plus grandes scènes de l’histoire du cinéma.

The Fisher King, Terry Gilliam (1991)


Jack Lucas (Jeff Bridges) est un animateur de radio vedette qui n’hésite pas à malmener les auditeurs qu’il prend en direct à l’antenne. Un soir, alors qu’il discute avec Edwin, un habitué, il l’exhorte d’une certaine façon à se venger des yuppies, de ces new-yorkais qui ont du succès, quand ce pauvre Edwin, incel comme il se doit, n’en a aucun. Edwin le prend au mot : se rend dans un bar branché et tue plusieurs personnes au fusil à pompe avant de se suicider.

Trois ans plus tard, Jack est au fond du trou, il fait semblant de travailler dans le vidéo-club de sa compagne (belle italienne au look eighties un tantinet pute sur les bords – le pantalon imprimé léopard, ça tue). Jack se noie dans le Jack Daniels et arrive à la conclusion qu’il a tout raté, à commencer par sa vie.

Alors qu’il va se jeter dans le fleuve, un parpaing au mollet, Jack est agressé par deux tueurs de clochards. Avant d’être sauvé de justesse par un chevalier moderne, Parry (Robin Williams), un clodo qui parle aux fées, tutoie Dieu, et sait que le Graal se trouve à New-York.

De tous les films réalisés par Terry Gilliam, mon préféré n’est certainement pas Brazil, comme on pourrait s’y attendre, mais The Fisher king, souvent présenté comme une romance de fantasy (une romantasy !?!) et c’est vrai qu’il y a une romance inoubliable entre Robin Williams et Amanda Plummer, mais c’est surtout une sorte de film définitif sur la rédemption. Tragique, comique, abordant des thèmes très sombres comme la dépression, la folie, la psychose, le célibat involontaire, la faute professionnelle. Le casting est incroyable :Jeff Bridges dans un de ses meilleurs rôles (tour à tour, odieux, admirable, minable, plein d’empathie, hautain à vomir), Robin Williams qui livre une prestation extraordinaire (cet acteur était vraiment génial), Amanda Plummer touchante en femme maladroite et solitaire (l’employée qui lisait des romans d’amour), Mercedes Ruelh épatante en patronne de vidéo-club vulgaire et en même temps d’une immense bonté intérieure.

Quel beau film ! Quel grand film !